Chapitre 1
Le silence était pesant, seul le bruit de ses pas sur les feuilles mortes résonnait. Le sol à peine éclairé par la lune, masquée par les branches et l'épais feuillage des arbres qui la surplombaient, elle évita de justesse une racine. Iloa courait le plus vite qu'elle pouvait depuis cinq minutes, ses poumons la brûlaient, sa gorge sèche la faisait souffrir à chaque instant, son coeur battant la chamade lui résonnait dans les tempes. Elle devait faire une pause, mais comment être sûr d'être à l'abri, après l'horreur qu'elle venait de vivre, elle n'était plus sûre de rien.
Le soleil se levait au-dessus des collines, offrant un merveilleux paysage au plus matinaux, l'heure du réveil au plus tardif. 7h35 environ, c'était l'heure à laquelle le soleil pénétrait dans sa chambre par la fenêtre, éclairant intensément toute la pièce, la contraignant à se lever. Les yeux cernés, la bouche encore un peu pâteuse, les muscles encore endormis, elle descendait les marches, une après l'autre une main bien ferme sur la rambarde au cas où. En bas de l'escalier, elle glissa ses pieds nus dans ses chaussons, elle se dirigea vers la cuisine.
Elle traînait les pieds, pas la force dès le matin de soulever les pieds. Mais quelque chose attira son attention, d'habitude, il n'y avait pas un tel silence qui régnait dans la maison. Souvent ces deux petits frères se disputaient, sa mère essayait de se faire entendre pour les calmer, son père s'en mêlait finalement derrière le journal de la veille. Mais ce matin-là, aucun bruit. Iloa s'arrêta, ne faisant plus aucun bruit, elle cessa même un instant de respirer, mais la douleur dans ses poumons lui rappela la nécessité d'inspirer et d'expirer. Elle voyait la porte de la cuisine à deux mètres, trois tout au plus, une ombre furtive passa devant puis disparue. Iloa serra les poings, elle avait les mains humides, ses yeux étaient totalement ouverts, elle était attentive au moindre bruit, le moindre souffle, la moindre ombre. Elle était partagée entre la peur et l'envie de savoir ce qui pouvait se passer derrière la porte de la cuisine. Elle se décida enfin, faisant un pas en avant, elle se rapprochait de l'entrée de la cuisine. Elle se mit contre le mur le plus proche de la poignée, elle y posa la main, une ombre traversa encore. Iloa fit pivoter la poignée.
Loin de s'attendre à ça, elle découvrit une large banderole, ses parents et ses frères l'attendaient, simplement pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Voilà qui expliquait le silence qui régnait dans la maison. Restait à régler l'histoire de l'ombre, Iloa analysa rapidement la cuisine. Il était impossible qu'une personne présente dans la cuisine ait pu faire une ombre pareille. Mais qui était à l'origine de cette ombre ? Elle s'en souciera plus tard, pour le moment, elle profitait de sa matinée très brève d'anniversaire avec ses parents. Après quelques embrassades, deux tartines avec du beurre et de la confiture, un bol de lait chocolaté et un jus d'orange, Iloa remonta pour prendre sa douche. Ses habits glissèrent sur ces courbes gracieuses, elle lança la douche, attendit que l'eau chaude arrive, puis elle pénétra sous l'eau, tirant le rideau de douche. Elle se frotta le corps, puis elle lava ses cheveux. Après quinze minutes sous la douche, elle posa le pied droit sur le tapis devant la douche, attrapa le peignoir qu'elle avait déposé sur le rebord d'un petit meuble, elle sortit de la douche ainsi vêtue. Elle saisit une serviette, entoura ses cheveux goûtant sur le sol, puis elle se frictionna les bras pour se réchauffer.
Après s'être rhabillée, elle se dirigea dans sa chambre, prépara hâtivement ses affaires d'école, elle se pressa de rejoindre ses frères pour ne pas rater le bus. Arrivée à leur hauteur, elle se pencha au-dessus de la route, pour voir si le bus n'était pas en vu. Et elle ne vit rien. Elle remonta légèrement sa manche, regarda sa montre, 8h12, ils étaient en avance, de trois minutes environ. Après deux minutes d'attente, le bus apparu au bout de la rue, Iloa tendit la main pour faire signe au chauffeur de s'arrêter, mais il continua sa route, comme si de rien n'était. Iloa pesta toute seule sur le bord de la route contre le chauffeur. Pourquoi avait-il continué, comme si Iloa et ses frères n'existaient pas. Mais alors qu'elle pestait, elle ne se rendit pas compte que le bus avait violemment freiné, puis fait marche arrière. Ce n'est qu'en entendant le bruit de la porte du bus qui s'ouvre qu'elle se retourna. Le chauffeur semblait gêné, il s'excusa de son mieux, disant qu'il n'avait pas réalisé où il était, c'est pour cela qu'il avait fait demi-tour. Iloa et ses frères montèrent dans le bus, s'installèrent côte à côte. Au fil du voyage, tous les élèves montèrent et le chauffeur en oublia quelques-uns, l'obligeant à faire quelques marches arrières. Il ne semblait pas bien ce jour-là, la mine assez morose, lui qui était toujours jovial, il conduisait sans réel plaisir, simplement par nécessité. Iloa n'était pas tranquille, elle fut rassurée d'arriver au collège. Elle accompagna ses frères jusqu'à l'école, puis elle entra dans le collège. La journée passa, lentement, les minutes s'écoulaient sur l'horloge de la salle 9, minutes « étudiantes » qui s'égrainaient doucement. La récréation de dix heures et demie arriva, les cinq cents élèves déferlèrent dans la cour, envahissant le grand espace vide qui leur était accordé, comme des lions en cages qui tournent en rond, chacun vaquait à ses occupations. Discussions, travail pour les plus tardifs, dégourdissement des jambes, la cour grouillait inlassablement. Iloa discutait avec ses amies, se promenant ou plutôt tournant en rond. La discussion tournait autour des garçons comme la plupart du temps, mais plus précisément sur Derio, un troisième, « beau gosse » comme le disait les filles. Il s'agissait plus précisément de l'attirance d'Iloa pour Derio.
- Alors Iloa, tu vas le voir quand ? fit Fery, une petite brune aux yeux verts
- Je sais pas encore... C'est pas facile... Je sais pas trop quoi lui dire...
- Mais c'est tout bè...bête, balbutia Tiphany, t...t...tu n'as qu'...qu'...qu'à lui dire qu'...qu'... t... tu l'aimes !
- Mais c'est pas aussi facile que ça Tiphany, s'écria Iloa, c'est dur... et je suis timide, tu le sais très bien !!!
- Ça va, t'...t'...t'énerve pas, je veux juste t'...t'aider..., rétorqua Tiphany.
- C'est bon calmez-vous toutes les deux, fait comme tu veux Iloa, mais à force d'attendre, y'en a bien une qui va te le piquer... et là, tu vas le regretter, expliqua Fery en s'éloignant.
Le départ de Fery marqua la fin de la discussion. La fin de la récréation retentit, les trois filles se dirigèrent vers leur cours de mathématiques. La leçon sur les équations n'avaient pas commencée que le professeur les rappela à l'ordre. Fery et Tiphany piaffaient devant les joues rouges d'Iloa. Cette dernière essayait de se cacher derrière ses cheveux, mais peu à peu toute la classe s'agita, la taquinant. C'est à ce moment que quelqu'un frappa à la porte. Le professeur bien trop occupé à essayer de calmer sa classe, n'avait pas remarqué le garçon qui était entré.
- Oh ! Désolé...Tu veux quoi ? dit le professeur
- Auriez-vous un feutre bleu pour M. Pesaten ?
- Oui, bien sûr, tiens voilà, fit le professeur en tendant le feutre
- Merci beaucoup, au revoir.
- Au revoir.
Le professeur se retourna, la classe était calme, toutes les affaires sorties, seule une table était vide, celle d'Iloa, toujours le visage masqué par ses cheveux.
- Mademoiselle Iloa, serait-ce trop vous demander que de sortir vos affaires ?
- Non Monsieur, désolé.
- Bien, aujourd'hui, nous allons commencer les équations...
Et le cours débuta, Iloa s'empressa de sortir son cahier rouge, sa trousse verte qu'elle ouvrit pour en sortir son stylo plume préféré. Elle feuilleta son cahier jusqu'à trouver la dernière page de l'ancienne leçon, elle tourna la page et commença à écrire le titre du nouveau cours.
L'heure et demie de mathématiques passa lentement, alternant cours et exercices d'applications. Iloa se sentit mieux au bout de quarante-cinq minutes, après avoir essuyé les boutades de ses camarades et le regard perçant de Derio lorsqu'il était rentré dans la salle de classe. Sous ses longs cheveux noirs, elle avait rougi de tout son être, ses oreilles l'a brûlé, ses petites joues rebondis étaient passé d'un rose pale à l'écarlate, elle essuyait ses mains moites sur son jean, sa respiration s'était subitement accéléré tout comme son rythme cardiaque. Pas de doute, elle était amoureuse de Derio.
Chapitre 2
L'heure du déjeuner arriva, Iloa, Tiphany et Fery se retrouvèrent dans un coin de la cour, jamais bien loin de Derio, au cas où Iloa aurait dans l'idée de demander à Derio de sortir avec elle. Peu de chance pensait Fery, mais Tiphany avait de bon espoir qu'Iloa se décide dans journée. Au vu du regard qu'Iloa portait sur Derio, Tiphany n'était pas loin d'avoir raison, elle avait simplement besoin de la provoquer un peu, juste histoire de l'aider à se décider un peu plus rapidement.
- Eh ! Iloa, regarde, y'a Marie qu'...qu'...qui regarde Derio, oh... j'ai l'impression qu'...qu'...qu'elle s'approche de lui...
- Quoi ?!?, C'est pas possible, sale garce, je vais lui montrer qui Derio mérite !!!
Iloa jailli d'un seul coup du banc sur lequel les trois filles étaient assises.
- Oh Oh... ! Je crois qu'Iloa est lancé..., dit Fery
- Oh qu'...qu'...que oui, ça va faire m...m...mal je pense..., lui répondit Tiphany
Iloa marchait d'un pas sûr vers Marie, Derio était à mi-chemin des deux lorsque l'altercation éclata. Derio entendait tout.
- Bonjour Marie, ça va aujourd'hui ?
- Depuis quand tu me parles toi ?
- Oh !... Toujours aussi aimable et gentille à ce que je vois
- Dégage t'es sur ma route là, s'exclama Marie
- Une route ? Où ça ?..., ironisa Iloa
- Te fous pas de ma gueule Iloa, t'as aucune chance en plus !!!
- Chance ? Tu sais que c'est pas de la chance ce genre de choses, et vu ta tête, je doute que tu lui plaises...
- Mais t'as vu ta tronche à toi, même un troll est plus facile à regarder.
- Oh, insultante en plus, tu progresses Marie...
- C'est bon, dégage, tu me soûles...
- Et tu vas faire quoi ?
- Ca te concerne ?
- Oh que oui, d'ailleurs...
- Eh les filles !!! s'écria Derio, si c'est de moi que vous parlez, je voudrais bien participer...
- Oh Derio... tu es toujours aussi beau, dit Marie
- Vipère, siffla Iloa
- Marie, tes mièvreries ne marchent pas, loin de là, c'est encore pire...
- Connard, lança Marie en s'éloignant
- Elle n'a jamais su être délicate celle là non plus..., marmonna Derio en se retournant
- Derio attend..., murmura Iloa en le retenant par l'épaule
- Oui Iloa, c'est pourquoi ?
- Euh...je voulais...je...
- Oui..., s'impatienta Derio
- Ça te dirai qu'on...
- Sorte ensemble ?
- Oui..., dit Iloa en s'empourprant
- Je sais pas trop Iloa... laisse-moi réfléchir... j'ai besoin de temps...
- D'accord... mais...tu...je...
- Oui tu me plais Iloa, mais c'est une décision importante, mais ne t'inquiètes pas trop...
- D'accord... Au revoir Derio...
- Au revoir petite Iloa...
Iloa repartit, effleurant les doigts de Derio, le sourire aux lèvres, le coeur allégé de ce poids qu'elle portait depuis des mois déjà. Elle retournait vers le banc où ses deux amies, Tiphany et Fery rigolait et discutait à voix basse. Iloa s'approcha, ses amies se turent.
- Alors les bécasses, qu'est-ce que vous disiez ?
- Non, rien... On parlait juste de cette peste de Marie et de la manière dont Derio l'a envoyé promener.
- Ah c'est tout ? Vous êtes sûre ?
- Bah...aussi la jolie déclaration que tu lui as faite, très maîtrisée..., lui dit Fery un grand sourire aux lèvres. Non sérieusement, on est heureuse pour toi.
- T...T...T...Très He...He...
- Calme toi Tiphany..., l'interrompit Iloa
- T...T...Très Heur...Heureuse p...p...pour t...t...toi
- Merci beaucoup les filles..., on va manger ?
- Toujours fidèle à toi-même Iloa...
- C'est ce qui fait mon charme
- D...d...de suite..., rigola Tiphany
Les trois filles se levèrent et pénétrèrent dans la cantine. Un repas hideux et dégoûtant les y attendaient. En entrée, une salade composée de haricots verts, maïs, petits pois, thon. Tout cela froid et en « gelée ». Bref une entrée pas très appétissante pour débuter un repas. Sur le plateau s'exhibait le plat principal, un semblant de couscous, sans sauce mise à part l'eau dans laquelle la semoule baignait. Les légumes froids croquaient encore sous la dent et rendaient encore de l'eau, comme si, celle dans laquelle la semoule baignait ne suffisait pas. En guise de fromage, un morceau de camembert, dur sur l'extérieur et coulant à l'intérieur, écoeurer les papilles des filles. Pour dessert, un flan à la pistache gisait dans une coupelle blanche, le coupelle retournée, le flan restait figé au fond, sans aucune animation. Pas très séduisant comme dessert, ce qui eu pour effet de reporter l'appétit des trois amies sur le pain, blanc et mal cuit, qui trônait au milieu de leurs plateaux. Au sortir de la cantine, les filles avaient encore, si ce n'est plus, faim qu'avant d'être entrée dans la cantine. Elles s'installèrent toutes les trois sur un banc à l'ombre, cherchant à masquer la faim qui leur nouait l'estomac. A leur suite, Derio sortit aussi, l'estomac plein de bonne nourriture.
Il était arrivé à la fin du service de couscous, si l'on peut l'appeler ainsi et avait eu droit au second service, l'entrée ne différait pas, mais le plat principal lui, changeait. Des pâtes bien cuites, accompagnait de sauce bolognaise et de boulettes de viandes. Ingénieux, il avait amassé une dizaine de morceaux de pains qu'il gardait en ses poches. Voyant les filles assises sur le banc, se torturant le ventre, il alla leur donner trois morceaux chacune pour calmer leur faim. Il s'assit à côté de Fery, à sa droite, Iloa mangeait son morceau de pain alors que Tiphany en glissait deux dans son sac à dos en vue de la récréation de 15 heures 30. Derio ne resta assis que peu de temps à côté de Fery, il rejoint vite ses amis. 14 heures, la sonnerie annonçait la reprise des cours. Les trois amies se dirigeaient donc vers une heure et demie de sport, c'était un cours que leur classe partageait avec celle de Derio. Pendant qu'elles s'épuisaient à courir un relais de deux fois quarante mètres, Derio et sa classe rigolaient en faisant de l'escalade. Dans le vestiaire, les filles des deux classes se mélangeaient, Iloa était au centre de la plupart des discussions. La nouvelle avait rapidement fait le tour de la classe. Du côté des garçons, Derio se faisait charrier par ses camarades de classe. Les professeurs vinrent ouvrir les portes, ce qui marquait le début des cours. Iloa sortit du vestiaire après toutes les filles, elle croisa le regard tendre et doux de Derio. Ses yeux bleus-gris la transperçaient tandis que les iris bleus d'Iloa glissaient sur le visage de Derio. Cette scène ne dura que quelques secondes, des secondes qui leurs parurent des heures. Puis ils se séparèrent pour rejoindre leur cours.
Chapitre 3
Le sport finit, le vestiaire sentait la transpiration et le déodorant mélangés. De l'autre côté, le vestiaire des garçons était ouvert, une odeur forte s'en dégageait. Lorsque Iloa, Fery et Tiphany passèrent devant l'odeur leur tira une grimace, puis un long fou rire qu'elles étouffèrent lors de la récréation. Encore une fois, elles se mirent sur leur banc préféré prêt de Derio qui vint à leur rencontre.
- Salut les filles !
- Bonjour Derio, répondirent-elles en choeur
- Iloa, je peux te parler ?
- Oui bien sûr...
Iloa se leva, et elle suivit Derio. Ils marchaient côte à côte, faisant le tour de la cour, ils discutaient.
- Voilà j'ai bien réfléchi Iloa
- Oui...
- Et je pense que...
- Oui...
- Ça serait vraiment bien qu'on sorte ensemble
- Oui...
- Iloa ???
- Oui ?
- Tu m'as entendu ?
- Oui...
- Tu es sûr ?
- Oui...
- Tu sais dire que ça ?
- Je t'aime Derio...
- Je t'aime aussi...
Leurs doigts se croisèrent, Derio ralentit, il fit pivoter Iloa et la prit dans ses bras. La sonnerie qui annonçait la reprise des cours interrompit leur premier moment d'amour. Ils se quittèrent à regrets pour une heure et demie. Quand Iloa fut rejointes par ses deux amies, elle était encore bouleversée par ce qu'elle venait de vivre. C'était son premier amour, le premier véritable, elle espérait de tout son être qu'il dure le plus longtemps possible. Tiphany et Fery mouraient d'impatience de lui poser des centaines de questions, mais elles devaient aller en cours.
Elles en profitèrent quand même le temps de la marche dans le couloir pour lui poser quelques questions, puis elles se turent en approchant de leur salle d'art plastique. Le professeur, Madame Nepel, ouvra la porte, les élèves s'infiltrèrent dans la salle. Pendant ce cours, les trois amies étaient séparées, Tiphany se trouvait à droite de la salle au premier rang, Iloa était à gauche au second rang, Fery était au centre face au professeur. Ce jour-là, le professeur décida de laisser libre cour à l'imagination de ses élèves. Fery ne trouvait pas l'inspiration, elle gribouillait deux trois dessins sur le coin de sa feuille, mais rien de bien précis. Tiphany avait débutée un portrait, mais les proportions n'étaient pas très bien respecté, le professeur la rappela à l'ordre. Elle lui corrigea la position des yeux, un peu trop bas, la bouche trop large et les oreilles trop décollées. Iloa, elle, avait entrepris de dessiner un paysage. Le professeur arrivant, elle regarda par-dessus l'épaule d'Iloa.
- Que dessines-tu Iloa ?
- C'est un paysage madame, il représente une plaine vallonnée, où les fleurs poussent sans limites. Les arbres fleurissent au printemps, les fruits mûrissent en l'été, et les feuilles tombent en automne, créant un merveilleux tapis rouge orangé. En hiver ses feuilles se dégradent et laissent le sol propre pour le printemps qui revient.
- Et comment vas-tu représenter tout ça ?
- Je ne sais pas encore madame, mais c'est pas les idées qui me manquent.
- Bien...j'ai hâte de voir ça.
- Bon les enfants, je vous donne trois semaines pour achever votre projet, j'ai vu que certains avaient bien avancé et que d'autres projets étaient encore au point mort. Bonne chance à vous et j'ai vraiment hâte de voir ce dont vous êtes capable.
Le cours durait une heure et demie, comme tous les cours habituellement, sauf ceux de latin, de biologie et de sciences physiques, qui duraient deux heures. L'heure et demie d'art plastique s'acheva. Fery avait commencé le dessin d'une chambre, Tiphany mettait forme à son portrait quant à Iloa, son paysage prenait vie. Les élèves rangèrent leurs affaires, nettoyèrent leur table, ceux qui avaient utilisé des pinceaux les rincèrent, d'autres mirent leur feuille A3 dans la réserve. La sonnerie retentit et déjà des élèves étaient sortis, anticipant la fin du cours. Iloa sortit, Tiphany la suivait et Fery arriva. Elles parcoururent le couloir en quelques minutes, Fery prit son bus, Tiphany monta dans la voiture de sa mère, Iloa se laissait guider par Derio. Ils montèrent dans leur bus, s'installèrent vers le fond du bus, l'un à côté de l'autre, main dans la main. Les pimbêches du fond du bus jasaient, ceux de l'avant se retourner pour voir le couple, à croire que leur couple était si exceptionnel que cela. Mais ils n'y faisaient guère attention, seul leurs regards existaient, absorbé l'un par l'autre, leurs lèvres se croisèrent, un tonnerre d'applaudissement retentit dans le bus. Iloa se rappelait alors la fin de Titanic, et un sentiment de gène l'envahit. Derio essayait de se cacher derrière le siège sans succès, les joues rouges, il était aussi gêné qu'Iloa, mais il le montrait beaucoup plus. Seul une personne n'avait pas applaudi, une de ces pimbêches du fond du bus, plutôt une peste, une vipère, Marie. Le regard noir, Marie maudissait Iloa, elle lui avait piqué le garçon qu'elle voulait et elle le payerait.
Chapitre 4
Iloa et Derio descendirent du bus au même endroit, Derio avait insisté pour accompagner Iloa jusque devant chez elle. Cette dernière dit à ses frères de rentrer, elle n'en avait pas pour longtemps. Iloa et Derio s'enlacèrent.
- Tu m'appelles ce soir ? demanda Iloa
-Bien sûr !!!
- Marie m'inquiète, elle nous regarde d'un air mauvais, violente et rancunière comme elle est, j'ai peur qu'elle fasse quelque chose...
- T'inquiètes pas Iloa, elle ne te fera rien, si elle te touche, elle aura de gros problème avec moi !
- D'accord... A 21 heures ce soir, je devrai avoir fini de manger...
- Pas de problème... enfin si...
- Quoi ?
- Euh... ton numéro de portable...
- Ben quoi ?
- Ben... il se trouve que je ne l'ai pas...
- Oh... pardon...
Iloa donna donc son numéro à Derio, elle l'embrassa et rentra chez elle. Derio se retrouva seul, il lui restait deux kilomètres à pied pour enfin arriver chez lui, un passage compliqué au bout de quelques centaines de mètres, Marie vivait là, elle l'attendait, il le savait. Il se mit donc en route, les premiers mètres furent les plus durs, mais quand il fut lancé, il marcha à un bon rythme. Ce qu'il avait espéré depuis son départ de chez Iloa s'était produit, Marie ne l'attendait pas. Il força l'allure, à proximité de la maison de Marie, il s'abaissa pour se dissimuler derrière les bosquets bordant l'immense jardin. L'endroit le plus critique apparaissait devant Derio, le portail ne lui offrait aucune cache, il était à découvert et à la vue de toutes les fenêtres de l'immense bâtisse. Il espérait seulement que la distance qui séparait la maison du portail lui permettrait de passer inaperçu. Derio arriva à la fin du dernier bosquet avant le portail de quatre mètres de large. Il resta caché quelques secondes, puis il s'élança. Il ne lui fallut que deux maigres secondes pour traverser ce point à découvert, mais il fut soulagé lorsqu'il atteint le buisson derrière lequel il pouvait se masquer.
La nuit tombait rapidement sur la forêt bordant la route où habitait Derio, Iloa et Marie. Ce premier était arrivé chez lui deux heures plus tôt. La seconde rêvassait, allongé dans son lit, sur l'avenir merveilleux qui l'attendait avec Derio. Quant à la dernière, elle marchait paisiblement derrière la lueur d'une lampe de poche, sur le bord de la route.
Iloa descendit manger, ses parents partis à une soirée avec ses frères, elle se retrouvait seule. Enfin elle allait pouvoir regarder la télé sans que lui soit imposée les programmes. Elle se prépara donc un plat de pâtes, accompagné de gruyère râpé, elle y ajouta un peu de sauce bolognaise et alla s'installer devant la télé. Le salon était assez spacieux, l'écran plat accroché au mur, juste à côté de la fenêtre. Face à ce mur, un grand canapé dans lequel s'était assise Iloa, un fauteuil. Derrière elle, un meuble où sa mère rangeait toute la vaisselle précieuse qu'elle possédait. Verres en cristal, assiettes de porcelaines, couverts en argent, tout était dans ce meuble. Une porte fenêtre s'étendait juste à côté de ce meuble, offrant une vue sur le jardin. Iloa alluma la télé, le journal de vingt heures résonna, elle zappa quelques minutes, pour finalement revenir sur le journal qui venait de débuter. Allongée comme les empereurs romains, Iloa dégustait son assiette de pâtes, sans se douter de ce qui se tramait à l'extérieur.
Marie avait quitté sa maison, une lampe de poche à la main, elle marchait d'un pas assuré vers le domicile d'Iloa. Dans la pénombre nocturne, impossible de distinguer ce qu'elle portait dans le dos, semblable à un gros sac à dos, ni à la ceinture. Marie marchait, sans se retourner, même pas au klaxon d'une voiture qui passait par là. Elle avançait irrémédiablement, son pas lourd sur la chaussée résonnait un instant, chacun de ses pas sonnait plus déterminé au fil de son avancée. Marie finit par ralentir l'allure à l'approche de la maison d'Iloa, ses pas crissaient sur le sol à présent, elle posait délicatement ses pieds sur le sol pour atténuer le moindre bruit, ses déplacements étaient furtifs, aucun de ses gestes n'étaient superflus. La fluidité de ses mouvements laissait paraître l'incroyable décontraction dont elle était animée, mais son avancée indiquait la surprenante détermination qui la stimulée. Marie voyait à présent la maison d'Iloa, un léger grognement sortit de sa gorge, puis le silence de la nuit. Elle continuait d'avancer, puis elle se figea, accroupie derrière un petit arbuste, elle éteignit sa lampe torche, elle étudiait le moindre mouvement, l'environnement général. Elle se releva doucement, un craquement de branche retentit à quelques mètres d'elle, elle se dissimula. Derio marchait dans l'allée principale, le projecteur de l'entrée se mit en route et Marie se retrouva éclairée malgré elle, mais l'arbuste remplissait totalement son rôle. Elle voyait tout, personne ne la voyait. Derio sonna une première fois, rien ne se passa, il frappa à la porte, celle-ci s'ouvrit. Marie entendit des bruits de dialogue au loin, puis le silence de la nuit. La porte claqua, le projecteur s'éteint, laissant la nuit reprendre ses droits. Marie s'éclipsa dans la direction opposée à l'allée principale, le projecteur représenté un trop gros danger. Elle se retrouva donc dans le jardin. Elle posa un genou à terre, regarda le moindre coin. Une piscine dans un coin, entourée d'arbuste semblable à celui derrière lequel elle s'était cachée. Un potager, un parterre de fleur, une petite cabane, sûrement pour ranger les outils de jardinage. Rien de gênant en apparence, mais lorsque l'arrosage automatique se lança, Marie maudit la technologie. Elle alla se mettre à l'abri dans la petite cabane, puis elle attendit. Cinq, dix ou quinze minutes, elle n'en avait aucune idée, mais l'arrosage s'était arrêté, la fête pouvait commencer.
Derio avait appelé Iloa plus tôt que prévu. Il n'avait pas résisté à l'envie d'entendre sa voix. Après deux essais, Iloa décrocha enfin.
- Iloa ?
- Oui, comment vas-tu depuis tout à l'heure ?
- Très bien et toi ?
- Ça va bien, je regarde la télé... je suis toute seule ce soir
- Oh... soirée télé en prévision alors...
- Oui, mais j'aimerais la passer autrement que seule...
- Est-ce une invitation ?
- Prends le comme bon te semble, mais viens ici si tes parents sont d'accords
- T'inquiètes pas pour eux...
- Tu seras là dans combien de temps ?
- Disons une petite demi-heure
- D'accord je t'attends, bisous
- Bisous.
Derio partit dans l'instant, ne prenant même pas la peine d'en informer ses parents. Il marchait assez rapidement, ce qui eu pour conséquence de le faire arriver en avance. Il hésita un instant à rentrer ainsi, puis il avança. L'allée centrale était bordée de galets, les gravillons crissaient sous ses pas. Après une dizaine de mètres, le projecteur lui éclaira le passage et il put avancer en toute sécurité. Arrivé sur le pas de la porte, il chercha des yeux la sonnette, savamment dissimulée en pierre d'accueil. Il sonna une fois, mais rien ne se passa, il frappa donc à la porte trois coups, Iloa ouvrit.
- Ah ! C'est toi, je t'attendais un peu plus tard c'est pour ça que j'ai pas ouvert de suite.
- Pas de soucis.
- Entre, je t'en pris
Derio passa la porte et Iloa la claqua. Derio ôta ses chaussures, se retrouva en chaussette sur un sol tiède contrairement à ce qu'il s'attendait. Chauffage central par le sol lui dit Iloa, ce qui lui tira un grand sourire. Ils s'installèrent tranquillement dans le canapé devant l'écran. Iloa posa son assiette de pâtes sur une petite table à côté du canapé, elle se blottit dans les bras de Derio. Ils s'embrassaient inlassablement, la télé continuait de tourner. Soudain, Derio eut un sursaut.
- Tu n'as rien entendu ?
- C'est rien, juste l'arrosage automatique, dans dix minutes il s'arrêtera tout seul.
- Ah !...J'ai eu peur...
Et ils recommencèrent à s'embrasser. La météo passa, le film allait débuter, quand un bruit de verre brisé retentit.
Chapitre 5
Marie sortit de la cabane, posant un pied devant l'autre prudemment, elle était à la limite de glisser sur l'herbe détrempée à chacun de ses pas. Elle s'approchait lentement de la porte-fenêtre. Elle atteint le mur de la maison, bordé de gravillons. Elle veillait à ne faire aucun bruit. Elle avançait doucement, pesant le moindre de ses pas, elle approchait de plus en plus. La lumière que dégageait la télé vint éclaircir Marie. Son sac à dos était en fait un gros bidon dans lequel basculait un liquide. A sa ceinture, deux énormes pistolets, une impressionnante lignée de munitions à sa portée. Marie dégaina celui qui se trouvait à droite, puis celui à gauche. Elle se recula de quelques pas, elle fit feu.
La porte-fenêtre explosa dès la première balle, la seconde toucha la télé qui explosa à son tour. Des cris de panique provenaient de l'intérieur de la maison. Marie rengaina ses pistolets, elle sortit du sac à dos une lance raccordée au bidon. Marie sortit un briquet, l'alluma, appuya légèrement sur la gâchette située à l'extrémité de la lance et elle passa le briquet devant l'autre extrémité de la lance. Une gigantesque flamme jaillit, mettant feu à tout un pan de mur. Marie se recula, lança un rire machiavélique et elle appuya férocement sur la gâchette. Une flamme de cinq à six mètres sortait de ce lance-flammes, les murs crépitaient sous le feu, à l'intérieur, le meuble brûlait, le canapé fumé et le fauteuil était déjà à moitié rongé par les flammes. Marie rangea sa lance, elle sortit un énorme fusil à pompe de l'intérieur d'un sac qu'elle portait sous le bidon. Avec une féroce énergie, elle tira quatre coups à l'intérieur de la maison en feu.
- Alors les petits, on a peur ?
Marie entendit un bruit de porte qui claque, Derio et Iloa s'échappaient par-devant. Marie laissa tomber son fusil à pompe et elle dégaina ses deux pistolets. Elle courait, faisant le tour de la maison par le chemin qu'elle avait emprunté à l'aller. Arrivée à hauteur de la façade, elle vit Derio courir à toutes jambes et Iloa qui le précédait. Elle s'élança, en quelques secondes, elle se rapprocha de Derio, les pistolets braqués devant elle, elle faisait feu. Elle tira seize balles, qui n'atteignirent pas leur cibles. Tout en courant, Marie rechargea avec une habileté déconcertante, elle fit feu de nouveau. Cette fois-ci une de ces balles atteignit sa cible. Derio hurla de douleur en recevant une balle dans l'épaule. Sa course fut ralentit, Marie se rapprocha de lui encore plus rapidement. Inconscient, Derio s'arrêta et fit face à Marie.
- Cours Iloa !!! Cours !!!, hurla t-il
Marie s'arrêta, elle aussi. Sans ciller, elle déchargea, les deux chargeurs heurtèrent le goudron dans un bruit sourd. C'est à ce moment précis que Derio s'élança sur Marie. Mais la distance à parcourir était trop longue. Arrivé à deux mètres d'elle, il hurla encore plus fort que la première fois. Marie avait rechargée. Sans bouger, elle tira une seconde balle qui vint se loger dans la cuisse droite de Derio qui fut contraint de poser genou à terre.
- Alors fils de chienne, je ne te mérite pas c'est ça !!!!
- Non, Marie...
- Ta gueule vermine !!! Tu ne mérites pas de m'adresser la parole
Marie appuya sur la détente et une autre balle traversa la cuisse gauche de Derio. Il se retrouva à genou. Marie s'approcha un peu de lui, elle lui appuya les deux pistolets sur le front et sans bouger appuya sur la détente. Derio s'effondra sur le sol, sa tête fit un bruit horrible lorsqu'elle heurta le sol, Marie regardait un sourire aux lèvres. Puis sa bouche se contracta et dans un cri rageur, elle vida ses deux chargeurs sur le corps de Derio. Marie déchargea encore, elle rechargea et se mit en route. En passant, elle mit un grand coup-de-pied dans le corps inanimé de Derio et elle s'élança à la poursuite d'Iloa, qui s'était réfugié dans la forêt.
Le silence était pesant, seul le bruit de ses pas sur les feuilles mortes résonnait. Le sol à peine éclairé par la lune, masquée par les branches et l'épais feuillage des arbres qui la surplombaient, elle évita de justesse une racine. Iloa courait le plus vite qu'elle pouvait depuis cinq minutes, ses poumons la brûlaient, sa gorge sèche la faisait souffrir à chaque instant, son coeur battant la chamade lui résonnait dans les tempes. Elle devait faire une pause, mais comment être sûr d'être à l'abri, après l'horreur qu'elle venait de vivre, elle n'était plus sûre de rien. Iloa se réfugia en haut d'un vieux chêne, à l'abri des regards, elle était masquée par l'épais feuillage de l'arbre, mais pas à l'abri de balles perdues.
Marie changea de stratégie pour Iloa, la forêt brûle bien si on l'aide un peu. Elle rangea ses pistolets, sortit sa lance et avec le même rituel que derrière la maison, elle commença à mettre le feu aux arbres.
- Salope de garce, viens par là que je te crève comme ton copain. Lui a eu le cran de s'arrêter, toi sa chienne de service, viens par là que je te troue la peau. Où te caches-tu peureuse, j'espère que tu trembles comme une gamine, que tu te pisses dessus comme un bébé. Tu n'es rien, sale pute de merde, viens là que je vois ton corps brûler. Je veux te voir trembler et pleurer comme une merde, me supplier de t'épargner, je veux voir ton sang couler sur le sol !!! Je veux te tuer putain, ramène-toi qu'on en finisse, amène ton cul de salope que je le brûle, amène ta tête de pute que je la perce de mes balles.
Iloa entendait quelqu'un crier au loin sans vraiment comprendre ce qu'il disait. C'est ainsi qu'elle comprit que le tireur était encore loin. Dans un effort surhumain, Iloa descendit de l'arbre dans lequel elle s'était caché et elle commença à courir. Elle avait une idée en tête, mais c'était risqué. Elle voulait contourner le tireur par la droite ou la gauche, mais pour cela elle devait s'éloigner pour ne pas être entendu. Elle commença donc à courir en essayant de faire le moins de bruit possible. Son but était d'atteindre la route le plus rapidement possible. Au fil de sa course, elle se fiait aux cris incessants du tireur. Mais fut un moment où le tireur se tut. Iloa s'arrêta net elle aussi, attentive aux moindres bruits de la forêt. Elle crut distinguée un bruit de bois rompus, mais c'est une chaleur inhabituelle qui la surprit. La forêt était en feu et ce dernier progressait rapidement. Iloa s'élança, ses bruits de course masqués par les mugissements du bois brûlé. Iloa était griffée de partout par les branches et les feuillages au sol. Mais elle atteint finalement la route. Véritable coup de chance ou coïncidence, une voiture arrivait un peu plus loin, mais assez lentement. Pieds nus mutilés, Iloa trouva encore la force de courir vers la voiture, mais Marie s'interposa. Ce n'est qu'à ce moment précis qu'Iloa découvrit qui était à l'origine de tout ce massacre.
Marie avait dégainé une fois de plus ses deux pistolets, pointant Iloa sans hésiter.
- Alors petite conne, on fait moins la maligne maintenant.
- Qu'est ce qui te prend Marie !!!
- Tu m'as piqué Derio !!!
- Il ne t'aimait pas !!! Je n'y suis pour rien !!!!
- Ferme-la vipère !!!! Siffla Marie, tu n'es qu'une salope, tu ne mérites que de mourir.
Epilogue
Mais Marie n'eut pas le temps de tirer, une balle traversa son coeur et elle s'effondra, un filet de sang au coin de la lèvre.
- Police, ne bougez pas !!! Mains en l'air, tournez-vous !! Voilà, allongez-vous sur le sol maintenant !!!
Iloa obéit sans rien dire, elle sentit qu'on lui palpait le torse, puis un grand vide... Elle se réveilla allongé dans un lit d'hôpital, son père et sa mère de chaque côté du lit et ses frères au bout. Elle voulut se tourner, mais une douleur l'en empêcha. Elle voulut parler, mais la même la douleur l'en empêcha.
- Chut, lui dit son père, on repassera demain promis...
Il lui déposa un baiser sur le front, sa mère fit de même, puis ils disparurent. Iloa s'endormit, un long sommeil. Sans réveil...